Fioretti de mission de Misericordia
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Les fiorettis de Carême
Fioretti de mission /13 juin 2014
Nous sommes le samedi 3 mai, il est 18 h et la nuit tombe sur le Rodéo. A la demande d’une famille du quartier, nous animons un temps de prière dans la rue, un an tout juste après la mort de Nacho, tué en face de chez nous par balle, en plein jour, par un garçon de 16 ans. C’était un dimanche après-midi, Nacho avait 17 ans et il était papa d’un petit garçon.
En présence de ses proches, de quelques voisins et d’un ami diacre, nous prions devant la petite chapelle construite en sa mémoire pour le repos de son âme, pour sa famille et pour la paix dans le quartier. Après avoir lu l’évangile, nous prenons quelques chants en invitant les uns et les autres à venir déposer une bougie en mémoire de Nacho. Nous assistons alors à quelque chose d’incroyable : des jeunes aux allures de gangsters se mêlent aux petits vieux du quartier. Tous viennent déposer leur bougie et leurs larmes. Les cœurs sont touchés. Cet événement est tout simplement une victoire ! A la fin du temps de prière, le diacre donne la bénédiction finale et invite chacun à se donner la paix du Christ. Alors que tout le monde prend le temps de se donner une longue accolade, nous constatons émerveillés que ce soir là, le quartier a choisi le chemin de la Paix !
Un mois plus tard une voisine, Kena (dont nous avions parlé dans un précédent Fioretti) , vient taper à notre porte pour que nous allions visiter Francisco, un homme de 40 ans atteint du cancer. La maladie est désormais à un stade très avancé, il va bientôt mourir. Nous courons chez lui, et entrons dans la petite chambre obscure où il est alité, sa famille autour de lui. Une statue de Sainte Thérèse des Andes veille sur ce malade affaibli et amaigri. Pour des histoires de vols et de trafic, Francisco a mauvaise réputation dans le quartier et à notre grande surprise nous découvrons qu’il est aussi le papa de Nacho. Nous revenons plusieurs jours de suite pour le visiter et prier avec lui et sa famille, en suppliant le Seigneur de déposer la Paix et l’Espérance dans le cœur de chacun.
Le Dimanche suivant, à la fin de la messe, nous demandons au curé de notre paroisse s’il peut aller visiter Francisco pendant la semaine. Le  Père Julio, si bon, nous répond aussitôt : « Allons-y ensemble tout de suite ! » Il prie alors avec la famille et donne le sacrement des malades à Francisco. La nuit même, Francisco meurt dans la paix.
Tôt le lundi matin, sa maman court à notre porte pour nous demander de venir prier le chapelet auprès du corps du défunt. N’étant pas là, c’est finalement Kena qui, prenant son courage à deux mains, va prier au chevet de Francisco, accompagnée d’Anita, une autre amie du quartier rencontrée il y a quelques mois lors du porte à porte quotidien. Les évangélisées deviennent évangélisatrices. Il y a peu de temps, Kena et Anita découvraient la Vierge Marie et la prière du chapelet. Aujourd’hui, le Seigneur a fait d’elles d’ardentes missionnaires. Quelle grâce, elles sont la présence de l’Eglise à ce moment crucial !
Enfin, le vendredi même (quelle semaine providentielle !), lors de nos visites, nous rencontrons Carola, la maman de Luis, le meilleur ami de Nacho. Cette jeune femme nous confie le désir de vengeance de son fils Luis. Le meurtrier de Nacho, désormais libéré après seulement 6 mois de prison, n’habite qu’à quelques rues d’écart, à moins de 5mn à pied. Carola a peur que son fils commette l’irréparable, elle redoute l’issue de cette guerre de gangs, ne sait que penser ni que faire.
L’échange au cours duquel nous parlons de la Miséricorde de Dieu et de la Puissance du Pardon, à l’instar de Jean-Paul II, est poignant, bouleversant. A la fin de la discussion, elle nous apporte un livret qu’elle vient de retrouver dans un coin d’une étagère « Sainte Faustine, messagère de la Miséricorde divine ». Le message est clair… Les larmes coulent le long de ses joues, le café que nous avons en main est froid depuis longtemps. Nous prions longuement ensemble pour que la Paix et le Pardon puissent être vainqueurs sur la haine et la vengeance. Le soir, suite à notre invitation, Carola nous rejoint à la veillée d’adoration du quartier. Elle repart apaisée, profondément rejoint  par Celui qui est le Prince de la Paix, avec la conviction dans le coeur que la Miséricorde est plus forte que la haine!
Joséphine et Olivier Mathonat
Missionnaires au Chili depuis novembre 2013
 «Pour faire la paix, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre. Il faut du courage pour dire oui à la rencontre et non à l’affrontement ; oui au dialogue et non à la violence .
L’histoire nous enseigne que nos forces ne suffisent pas. Plus d’une fois, nous avons été proches de la paix, mais le malin, par divers moyens, a réussi à l’empêcher. [Pour cela],nous savons et nous croyons que nous avons besoin de l’aide de Dieu. Nous ne renonçons pas à nos responsabilités, mais nous invoquons Dieu comme un acte de suprême responsabilité. « 

Nous avons essayé tant de fois et durant tant d’années de résoudre nos conflits avec nos forces […] Mais nos efforts ont été vains. A présent, Seigneur, aide-nous Toi !Donne-nous Toi la paix, enseigne-nous Toi la paix, guide-nous Toi vers la paix. . Infuse en nous le courage d’accomplir des gestes concrets pour construire la paix. .».
Pape François – Le 8 juin 2014
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